| L’artiste doit-il se marier ? A cette question simple, Alphonse Daudet répond par la négative, à travers un recueil de nouvelles, Les femmes d’artistes, initialement parues en revue en 1873. Des poètes, des musiciens, des sculpteurs, des peintres etc., célèbres ou inconnus, riches ou pauvres, témoignent. Le mariage pour eux devient rapidement un enfer. Car l’artiste est condamné à vivre avec une femme qui ne lui convient pas… Qu’on ne s’y trompe pas, à travers ce propos, c’est le mariage en général que critique vivement Alphonse Daudet, ainsi que le difficile apprentissage de la vie en commun entre un homme et une femme ... et quand les problèmes quotidiens se mettent de la partie, les sentiments amoureux n’y résistent pas. Pour notre plus grand plaisir, l’auteur a choisit de rire de ce propos et il fait mouche à chaque fois. Daudet sait poser un décor en quelques lignes. En quelques mots, il décrit un caractère, une situation. D’un rien, il sait suggérer le malaise, le doute, l’incompréhension et l’abîme qui peu à peu sépare des époux hébétés, hagards… Très vite, les masques tombent, et l’homme et la femme apparaissent tels qu’il sont … et ils sont rarement à leur avantage. Le réel est passé à l’acide et le grotesque n’est jamais loin. Nous avons détaché de ce recueil de 12 nouvelles, 6 nouvelles qui illustrent merveilleusement ce propos. Les nouvelles sont courtes, savoureuses, sobres voire réalistes, puisque c’est la vie en commun qui est décrite ici. Elles sont également variées : Daudet s’est amusé à varier la manière de raconter, offrant un support réaliste à ses propos : lettre, correspondance, journal, récit à la première personne, dialogue… etc. ; le tout donnant un ensemble dynamique, varié, vivant, drôle, et d’une profondeur exquise. Ce qui ne manquera de séduire un large public. |
